Welcome to Linguis Europae, the EUC's language blog!

Linguis Europae is dedicated to a range of topics involving official state, regional, and minority languages in the EU. Posts are written in five languages by UI students and faculty! Check back regularly for updates!

Bridging the Gap: Language and Community in Action in East Central Illinois

Skye Mclean discusses the East Central Illinois Refugee Mutual Assistance Center (ECRIMAC), which provides services essential to refugee and immigrant resettlement in East-Central Illinois and aids in the exchange and preservation of their respective cultures.

Place and Space: Another Perspective on Crimea

Senior Andrey Starosin offers his perspective on the current events taking place in Crimea.

French Professor Revamps Course on "Language and Minorities in Europe"

Linguis Europae's own Zsuzsanna Fagyal and her course "Languages and Minorities in Europe" were featured in a recent issue of the School of Literatures, Cultures, and Linguistics.

Un'Ode al "Dialàtt Bulgnaiś": An Ode to the Bolgnese Dialect

Kaitlyn Russell muses on her fondness for the Italian dialect, Bolognese.

Monday, April 18, 2016

« An dianav a rog ac'hanoun » : « L'inconnu me dévore »

by Sean Curran

Sean Curran is an M.A. student in French Linguistics, finishing his degree in spring 2016. He is interested in vowels and dialects of French and wrote this text as a student in 418 ‘Language and Minorities in Europe’.

Place Royale [Image Source]
Quand j’avais 20 ans, j’ai eu la chance de passer un semestre et mon premier séjour à l’étranger à Nantes. On m’a logé chez une famille française qui habitait dans la région depuis longtemps. Un sujet de conversation intéressant mais conflictuel a surgi un jour entre ma mère d’accueil et moi : cette dame, une Française « de souche » parlant à la fois tout bas mais avec une fierté affectée, proclama (chuchota ?) d’un ton sérieux et digne la phrase suivante :
« Sean, tu sais, d’abord je me considère femme bretonne, puis femme française, et puis alors femme européenne. » 
Je n’avais pas trop bien compris en quoi ces identités auraient été contradictoires. Je lui ai ensuite posé la question dont les suites auraient pu nous amener à un conflit, si j’avais su « argumenter » un peu mieux à la française :
« Alors madame, est-ce que vous parlez breton ? »
À quoi elle a répondu : « bah non ! »

Les enjeux d’identité culturelle et linguistique que la question a ensuite évoqués restent importants pour moi. On pourrait croire qu’être breton exigerait que l’on parle breton, mais ma mère d’accueil ne serait sûrement pas d’accord avec moi. La ville appartenait autrefois à la région historique de Bretagne, cependant depuis l’année 1955, les Nantais ne se trouvent plus, à titre officiel, dans la Bretagne—plutôt dans la région administrativement « artificielle » des Pays de la Loire. Répondre à la question « la ville de Nantes est-elle encore bretonne ? » reste certes une tâche difficile et polémique. Il est vrai que le breton se parle à notre époque à Nantes, où à peu près 1,4 % des enfants à l’école élémentaire dans la ville, selon le bilan de la rentrée 2011 de l’Office public de la langue bretonne a été inscrit dans des écoles bilingues, soit 411 élèves : il n’y a que la ville de Rennes qui en ait davantage (OFIS-BZH).

Image Source
Cependant, dire que le Nantais lambda sera de rigueur bilingue français-breton est loin d’être la réalité actuelle ou historique. Il existe à Nantes et dans le département de Loire-Atlantique des écoles bilingues, qu’elles soient catholiques et privées ou plutôt publiques. Toutefois, le rêve d’un lycée bilingue français-breton n’y a pas encore été réalisé. Puisqu’il n’y a pas de gentilé officiel (Slate) pour le département de Loire-Atlantique, ni pour les Pays de la Loire—celui ayant été proposé, ligérien, n’est trouvé dans aucun dictionnaire—il semble logique de conclure que les Nantais se verraient en tant que bretons au moins partiellement à défaut d’autres formes d’auto-identification régionale.

Maurice Lebesque, dit Morvan car ce prénom-ci est breton, est un essayiste français né à Nantes en 1911 qui s’est intéressé au cas de la « britonnité » (mot contemporain) après avoir vu une citation écrite en breton à un musée à Nantes (le titre de ce post), et sans pour autant avoir su qu’il était lui-même breton jusqu’à un âge mature. Cette manière de s’approprier une identité en se donnant un prénom breton, à force de passer des décennies à lutter pour la Bretagne est certes discutable. Il écrit dans son ouvrage Comment peut-on être breton ? le suivant, un extrait où il parle de sa reconnaissance de sa propre identité :

« Le breton est-il ma langue maternelle ?
Non ! Je suis né à Nantes où on n'le parle pas.
Suis-je même breton ??? ... Vraiment, je le crois...
Mais de pure race !!! ... Qu'en sais-je et qu'importe ?
Séparatiste ? Autonomiste ? Régionaliste
Oui et non... Différent...
Mais alors, vous n'comprenez plus :
Qu'appelons-nous être breton,
Et d'abord, pourquoi l'être ?
  Français d'état civil, je suis nommé français,
J'assume à chaque instant ma situation de français.
Mon appartenance à la Bretagne
N'est en revanche qu'une qualité facultative
Que je peux parfaitement renier ou méconnaître... »

La question de base que je me pose depuis trois ans et demi est donc celle-ci : comment cela se fait qu’une famille soi-disant « bretonne, » qui a certes le droit de se l’appeler et qui, dans ce cas va jusqu’au bout—possédant quatre bagues pour les deux parents et les deux enfants de la famille, chacune gravée du blason familial historique—n’ait jamais eu la vague idée d’apprendre les bases de la langue bretonne ? En est-il que les aïeux n’ont pas pu transmettre la langue à leurs descendants ? Faut-il parler une langue pour appartenir culturellement à la région d’où elle provient ? La réponse est non : Morvan est né, je rappelle, « à Nantes, où on n'le parle pas. »

Le français que parle la famille qui m’a hébergé à Nantes n’est même pas un français à mon sens régional, rempli d’expressions parlant de la vie rurale ou pittoresque de la terre du Massif armoricain. Mais à qui le droit d’identification régionale, historique, ou héritière ? Dire qu’il faut parler la langue historiquement associée à une identité serait ignorer les faits : la seule école Diwan en France se trouve à Paris, non pas à Nantes, à Rennes, ou dans une autre ville en Bretagne. Notre époque est une époque de mixité dans tous les sens du terme, et comme en font preuve mon ancienne famille d’accueil et M. Lebesque, le choix d’identification régionale, au-delà de faits historiques que l’on peut connaître, n’est qu’à la personne en question elle-même.

Sources :

http://www.ofis-bzh.org/upload/travail_paragraphe/fichier/284fichier.pdf

http://www.slate.fr/france/74525/departement-habitants-ain-loire-atlantique

Lebesque, Morvan. Comment peut-on être breton ? essai sur la démocratie française.     Le Seuil : Paris, 1970 (édition consultée datant de 2001).

Titre du blog :

Chartier, Erwan. Morvan Lebesque : le masque et la plume d'un intellectuel en quête de Bretagne. Coop Breizh : Spézet, 2007

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Monday, April 4, 2016

Could Breton Language Revitalization Lead to Loss of Culture?

by Sarah Little

Sarah Little is a graduate student in Spanish Linguistics. Sarah is planning on continuing her studies in higher education. She is interested in phonetic and sociolinguistic research and aspires to live in Latin America in the near future. She wrote this text as a student in 418 ‘Language and Minorities in Europe’.

"No to the death of Breton. Yes to schools that teach it." [Image Source]
In recent years, the argument against English as a Lingua Franca has found full support on the part of the French, who continually promote the idea of plurilingualism on an international scale. However, the situation within France narrates a different story. Breton, a Celtic language spoken in the Northwest region of Brittany, has undergone a lengthy process to gain the recognition and presence it possesses today. Although there have been vast improvements in the past few decades regarding perceived acceptance of this minority language, one could argue that the steps taken to revitalize Breton might not prove to be sufficient to cause the spiked growth it needs in order to no longer be considered a severely endangered language (according to UNESCO, 2015).

Historical Background

Breton originates in Brittany, France [Image Source]
The French attitudes have seemingly gotten much more positive towards the Breton movement compared to previous decades and periods of time. Breton speakers have had to overcome prejudice and persecution for generations. Prior to the First World War, after a large surge of emigration from the countryside to the metropolitan areas of France, teachers were entrusted with the job of putting an end to the Breton language (Lebesque 1970). During the Second World War, the Vichy regime expressed the hopes to promote regional culture through reestablishing provinces. However, frustrations arose when the French did not seem to satisfy the expectations of the movement leaders; this led some Breton extremists to collaborate with the Germans in the hopes of gaining a voice and power for their language. After World War II, their association with the Nazis caused a large negative uprising in the attitudes of the French against Breton culture and language as a whole. This subsequently caused the support of Breton language teaching to plummet.

Overtime, certain legislative procedures provided Breton with some minimal support. The Loi Deixonne was passed on January 11, 1951, which favored the teaching of regional languages. The ‘Cultural Charter’ for Brittany, signed in 1978, aided in the area of acquisition planning by improving standards for Breton language teachers and opening more opportunities for students to study the language. Additionally, while France signed the European Charter on Regional and Minority Languages, they did not ratify based on the view that they did not want to “attack the fundamental principles of the Republic (Chirac 1999)”.

Positive Strides and Difficulties

A Diwan school. [Image Source]
In April 1977, the first Breton immersion nursery schools were opened after the Diwan organization was established. The 1980s marked an expansion of the immersion schools from nurseries into secondary education. However, lack of funding for the Diwan schools has caused significant problems in the resources and furthering of the vision of Breton immersion schools. Financial support is available if the Diwan network concedes to join the public education system of France; however, this would cause a compromise of beliefs in the definition of immersion, and the amount of exposure to the Breton language would drop significantly. Currently, Diwan schools educate their students exclusively in Breton until the second year of middle school, when they begin to integrate certain subjects to be taught in French. If shifted into the public education sector, education would be split equally between French and Breton for all age groups.

In 2004, the Diwan schools came to Paris. On the positive side, this has contributed to the spread of Breton by increasing the amount of speakers. Perhaps the language will gain more respect by having a presence in the education system in Paris. On the negative side, one could argue that the language’s expansion to Paris subsequently could cause a detachment from the region itself and thereby, a severing between the regional culture and the language. Additionally, the new standard Breton variety that has been established for publishing and acquisitional purposes has created a disconnect between native Breton speakers (especially those of older generations) and the younger generations learning the language in school. Within the Diwan school in Paris, not all parents are Breton-speaking, which further reiterates the problem that students will primarily view this regional language as a subject in school. Does this further support the argument that the regional culture could eventually become separated from the language if not learned and/or taught by persons originally from the Brittany region of France?

The question remains: where should the Breton activists go from here? Expansion in Diwan schools to other parts of France seems only logical from the viewpoint of mere increase in the number of speakers. However, is this the only goal of language revitalization? Do we not address the cognizance and acquisition of a culture simultaneously when we speak of language acquisition? Should we not consider to address the possibility of cultural revitalization, or is it seen as implicit in language revitalization? If the Diwan schools continue in this way, perhaps we will see a case of disjoint revitalization, where the language thrives at the expense of the culture.

Sources:

Baxter, R. N. (2009). New technologies and terminological pressure in lesser-used languages: The Breton Wikipedia, from terminology consumer to potential terminology provider An teknologiezhioù nevez hag ar gwask terminologel e yezhoù nebeutoc'h implijet. Ar Wikipedia e brezhoneg: war an hent da dalvezout da broduer terminologel koulz ha bevezer terminologiezh Novaj teknologioj kaj terminologia premo en malpli uzataj lingvoj: La bretona Vikipedio—el terminologia konsumanto al terminologia provizanto. Language Problems & Language Planning, 33(1), 60-80.

Berns, M. (2009). English as lingua franca and English in Europe. World Englishes, 28(2), 192-199.

Costaouec, D. (2013). Skol Diwan in Paris: a step away from regionalism in the teaching of Breton. Sociolinguistic Studies, 7(1/2), 167-190.

EuroNews [euronews (in English)]. (2007, December 9). EuroNews – Europeans – Regional or Minority Languages [video file]. Retrieved from: https://www.youtube.com/watch?v=5PkSsrB9ftw&playnext=1&list=PLAF7514346A22AB8B.

Mendel, K. (2004). Regional Languages in France: the case of Breton. LSO Working Papers in Linguistics, 4, 65-75.

Wright, S. (2006). 2. FRENCH AS A LINGUA FRANCA. Annual review of applied linguistics, 26, 35-60.

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